Sous des ombrages solitaires
Devant un Satyre effronté,
Fuyait avec rapidité
La plus timide des bergères.
Au loin elle aperçoit Myrtis :
« A mon secours le ciel t'envoie,
Jeune inconnu ; défends Naïs. »
Le Satyre lâche sa proie.
La bergère à son protecteur
Sourit, mais conserve sa peur. "
Bannis tes injustes alarmes,
Dit-il ; je respecte tes charmes.
Viens donc : du village voisin
Je vais t'indiquer le chemin. »
Elle rougit, et moins timide,
A pas lents elle suit son guide.
Mais elle entend un bruit lointain :
Du berger elle prend la main,
Et dans ses bras cherche un asile.
Discret, il demeure immobile,
Et n'ose presser ses appas.
Elle voyait son doux martyre.
Le bruit cesse ; Myrtis soupire,
Et Naïs reste dans ses bras.