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1775

TABLEAU IX

Évariste PARNY

D'Érigone c'était la fête. Des bacchantes sur les coteaux Couraient sans ordre et sans repos. La plus jeune pourtant s'arrête.

Nomme Myrtis, et fuit soudain Sous l'ombrage du bois voisin. Le lierre couronne sa tête ; Ses cheveux flottent au hasard ;

Le voile qui la couvre à peine, Et que des vents enfle l'haleine, Sur son corps est jeté sans art ; Le pampre forme sa ceinture,

Et de ses bras fait la parure ; Sa main tient un thyrse léger. Sa bouche riante et vermeille Présente à celle du berger

Le fruit coloré de la treille. Son abandon, sa nudité, Ses yeux lascifs et son sourire. Promettent l'amoureux délire

Et l'excès de la volupté. Au loin ses bruyantes compagnes De cymbales et de clairons Fatiguent l'écho des montagnes,

Mêlant à leurs libres chansons La danse qui peint avec grâce L'embarras naissant du désir, Et celle ensuite qui retrace

Tous les mouvemens du plaisir.

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