D'Érigone c'était la fête.
Des bacchantes sur les coteaux
Couraient sans ordre et sans repos.
La plus jeune pourtant s'arrête.
Nomme Myrtis, et fuit soudain
Sous l'ombrage du bois voisin.
Le lierre couronne sa tête ;
Ses cheveux flottent au hasard ;
Le voile qui la couvre à peine,
Et que des vents enfle l'haleine,
Sur son corps est jeté sans art ;
Le pampre forme sa ceinture,
Et de ses bras fait la parure ;
Sa main tient un thyrse léger.
Sa bouche riante et vermeille
Présente à celle du berger
Le fruit coloré de la treille.
Son abandon, sa nudité,
Ses yeux lascifs et son sourire.
Promettent l'amoureux délire
Et l'excès de la volupté.
Au loin ses bruyantes compagnes
De cymbales et de clairons
Fatiguent l'écho des montagnes,
Mêlant à leurs libres chansons
La danse qui peint avec grâce
L'embarras naissant du désir,
Et celle ensuite qui retrace
Tous les mouvemens du plaisir.