Dans sa cabane solitaire
Myrtis attendait le sommeil.
Arrive une jeune étrangère.
Le teint de Flore est moins vermeil.
Du voile éclatant des princesses
Sa beauté s'embellit encor ;
Sur sa tête le réseau d'or
De ses cheveux fixe les tresses ;
L'or entoure son cou de lis,
Et serre ses bras arrondis ;
La pourpre forme sa ceinture ;
Et sur le cothurne brillant,
De ses pieds utile parure,
Sa tunique à longs plis descend.
Myrtis en silence l'admire.
« Je fuis un tyran détesté,
Lui dit-elle avec un sourire ;
Donne-moi l'hospitalité. —
Embellissez mon toit modeste.
Des joncs tressés forment mon lit ;
Il est pour vous.— Où vas-tu ? Reste ;
Du lit la moitié me suffit. »
Sur cet humble et nouveau théâtre
Elle s'assied ; un long soupir
De son sein soulève l'albâtre :
C'était le signal du plaisir.
Sur la cabane hospitalière
Passe eu vain le dieu du repos :
Myrtis et la belle étrangère
Échappent à ses lourds pavots.
Leur impatiente jeunesse
Jouit et désire sans cesse.
Ivres de baisers et d'amour,
D'amour ils soupirent encore ;
Et pourtant la riante Aurore
Entr'ouvrait les portes du jour.