» Dryades, pourquoi fuyez-vous ?
Des bois protectrices fidèles,
Soyez sans crainte cl sans courroux,
A mes regards vous êtes belles ;
Mais un moment tournez les yeux :
Je n'ai du satyre odieux
Ni les traits ni l'audace impie.
Arrêtez donc, troupe chérie,
Au nom du plus puissant des dieux. »
De Myrlis la prière est vaine.
D'un pas rapide vers la plaine
Les Dryades fuyaient toujours.
Une seule un moment s'arrête,
Fuit encore, en tournant la tête,
Et du bois cherche les détours.
Seize printemps forment son âge.
Un simple feston de feuillage
Couronne et retient ses cheveux.
Des Eurus le souffle amoureux
Soulève et rejette en arrière
Sa tunique verte et légère ;
Et déjà Myrtis est heureux.
Il atteint la Nymphe timide
Sur le bord d'un torrent rapide,
Au milieu des rochers déserts,
De mousse et d'écume couverts.
Un espace étroit se présente :
L'un contre l'autre ils sont pressés ;
Et bientôt l'onde mugissante
Mouille leurs pieds entrelacés.