Myrtis dans la forêt obscure
Cherchait le frais et le repos.
Zéphyre lui porte ces mots
Que chante une voix douce et pure :
« Dans ma main je tiens une fleur.
Fleur aussi, je suis moins éclose.
Dieu des filles et du bonheur,
Je t'offre.quinze ans et la rose.
Mon sein se gonfle, et quelquefois
Je rêve et soupire sans cause.
Jeune Myrtis, c'est dans ce bois
Qu'on trouve quinze ans et la rose.
J'affaisse à peine le gazon
Où seule encore je repose :
Si tu viens, rapide Aquilon,
Ménage quinze ans et la rose.
Il paraît ; elle fuit soudain.
Légère et long-temps poursuivie,
Le berger l'implorait en vain.
Mais à la fleur elle confie
Le premier baiser do l'amour ;
Puis sa main à Myrtis la jette ;
Il la reçoit ; faible et muette,
L'autre fleur se donne à son tour.
Ménage quinze ans et la rose,
Calme-toi, fougueux Aquilon.
Un cri s'échappe et le gazon…
Viens, doux Zéphyre, elle est éclose.