J'en ai l'heureuse promesse :
Vers le milieu de la nuit,
L'Amour m'ouvrira sans bruit
L'alcôve de ma maîtresse.
Garde-toi, dieu du repos,
De tromper ma douce attente ;
Sur les yeux de mon amante
Ne verse point tes pavots.
Notre heure est bien loin encore,
Et le temps qu'en vain j'implore
Ne vient pour nous qu'à pas lents.
Ah ! je crains qu'avec adresse,
Ta douceur enchanteresse
Ne surprenne enfin ses sens,
Et n'endorme sa tendresse.
Pour occuper ses loisirs,
Qu'une aimable rêverie
Donne à son âme attendrie
L'avant-goût de nos plaisirs.
Toujours prompte à disparaître,
La jouissance est peut-être
Moins douce que les désirs.