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LA MAIN

Évariste PARNY

Quand on aime bien, l'on oublie Ces frivoles ménagemens Que la raison ou la folie Oppose au bonheur des amans.

On ne dit point : « La résistance Enflamme et fixe les désirs ; Reculons l'instant des plaisirs Que suit trop souvent l'inconstance. »

Ainsi parle un amour trompeur, Et la coquette ainsi raisonne. La tendre amante s'abandonne A l'objet qui toucha son cœur ;

Et, dans sa passion nouvelle, Trop heureuse pour raisonner, Elle est bien loin de soupçonner Qu'un jour il peut être infidèle.

Justine avait reçu la fleur. On exige alors de sa bouche Cet aveu qui flatte et qui touche, Alors même qu'il est menteur.

Elle répond par sa rongeur ; Puis, avec un souris céleste, Aux baisers de l'heureux Valsin Justine abandonne sa main,

Et la main promet tout le reste.

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LA MAIN · Évariste PARNY · Poetry Cove