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1775

L'IMPATIENCE

Évariste PARNY

O ciel, après huit jours d'absence, Après huit siècles de désirs, J'arrive, et ta froide prudence Recule l'instant des plaisirs

Promis à mon impatience ! " D'une mère je crains les yeux ; Les nuits ne sont pas assez sombres ; Attendons plutôt qu'à leurs ombres

Phébé ne mêle plus ses feux. Ah ! si l'on allait nous surprendre ! Remets à demain ton bonheur ; Crois-en l'amante la plus tendre,

Crois-en ses yeux et sa rougeur ; Tu ne perdras rien pour attendre. » Voilà les vains raisonnemens Dont tu veux payer ma tendresse ;

Et tu feins d'oublier sans cesse. Qu'il est un dieu pour les amans. Laisse à ce dieu qui nous appelle Le soin d'assoupir les jaloux,

Et de conduire au rendez-vous Le mortel sensible et fidèle Qui n'est heureux qu'à tes genoux. N'oppose plus un vain scrupule

A l'ordre pressant de l'Amour ; Quand le feu du désir nous brûle, Hélas ! on vieillit dans un jour.

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