Skip to content
1775

L'ABSENCE

Évariste PARNY

Huit jours sont écoulés, depuis que dans ces plaines Un devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas. Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines !

Le bonheur m'environne en ce riant séjour. De mes jeunes amis la bruyante allégresse Ne peut un seul moment distraire ma tristesse ; Et mon cœur aux plaisirs est fermé sans retour.

Mêlant à leur gaîté ma voix plaintive et tendre, Je demande à la nuit, je redemande au jour Cet objet adoré qui ne peut plus m'entendre. Loin de vous autrefois je supportais l'ennui ;

L'espoir me consolait : mon amour aujourd'hui Ne sait plus endurer les plus courtes absences. Tout ce qui n'est pas vous me devient odieux. Ah ! vous m'avez été toutes mes jouissances ;

J'ai perdu tous les goûts qui me rendaient heureux. Vous seule me restez, ô mon Éléonore ! Mais vous me suffirez, j'en atteste les dieux ; Et je n'ai rien perdu, si vous m'aimez encore.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'ABSENCE · Évariste PARNY · Poetry Cove