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COURROUX D'UN AMANT

Évariste PARNY

Je l'aimais du plus tendre amour ; Elle m'a trahi, l'infidèle ! Mais elle est trahie à son tour, Et mou rival m'a vengé d'elle.

Que ses pleurs coulent vainement : Qu'elle tombe aux pieds d'un amant, Et qu'il soit sourd à sa prière ; Qu'elle éprouve enfin le tourment

D'aimer et de cesser de plaire. Qu'ai-je dit ? ô vœux insensés, Que le dépit a prononcés, Et démentis par ma tendresse !

Hélas ! elle fut ma maîtresse ; Le souvenir de mon bonheur Est encor présent à mon cœur ; N'insultons point à sa tristesse.

J'avais trop compté sur sa foi ; La beauté toujours est trompeuse ; Inconstante ! va, sois heureuse, Quand tu devrais l'être sans moi.

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