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A MONSIEUR DE F.

Évariste PARNY

Je croyais qu'avec l'infidèle Tous mes liens étaient rompus : Mon cœur ne m'en reparlait plus : De loin je la trouvais moins belle.

Doux espoir trop tôt dissipé ! Elle a souri, je l'aime encore. L'inconstante ! elle m'a trompé, Elle me trompe, et je l'adore.

Épargne-toi de vains discours ; Va, j'entrevois mieux que personne Le mensonge de ses amours, Et des plaisirs qu'elle me donne ;

Ma raison l'accuse toujours, Et toujours mon cœur lui pardonne. Ce cœur qu'elle a trop méconnu, Ce cœur pour elle prévenu,

Doute encor de son inconstance. Hier, après deux mois d'absence, Elle reparut dans ces lieux : J'ai mal évité sa présence,

Je l'ai vue : ô moment heureux ! Sur ses lèvres et dans ses yeux J'ai cru lire son innocence. Tu ris de ma crédulité ;

Mais du soin de ma liberté En vain ton amitié s'occupe ; Le dieu qui la fit pour charmer, M'avait fait pour toujours l'aimer,

Et pour être toujours sa dupe.

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