Non, mon portrait n'est pas fidèle,
Vos jolis vers en ont menti ;
Et par la Raison averti
Du mensonge je ris pomme elle.
Pour se croire fils d'Apollon,
Il faudrait ne jamais vous lire :
Traître, vous me donnez son nom,
Et vous avez gardé sa lyre !
Pour vos amis et pour vous-même
Ayez toujours auprès de vous
Ce joli démon qui vous aime
Et dont je suis en vain jaloux.
Autrefois avec moins de grâce
Il inspirait Anacréon ;
A Rome il allait sans façon
S'asseoir sur les genoux d'Horace ;
Chaulieu l'enivrait à demi,
Et leurs chants présageaient les vôtres,
Vous êtes son nouvel ami
Et vous lui rendez tous les autres.