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1775

A ÉLÉONORE

Évariste PARNY

Au sein d'un asile champêtre Où Damis trouvait le repos, Le plus paisible des ruisseaux, Parmi les fleurs qu'il faisait naître,

Roulait nonchalamment ses flots. Au campagnard il prit envie D'emprisonner dans son jardin Cette eau qui lui donnait la vie ;

Il prépare un vaste bassin Qui reçoit la fleur étonnée. Qu'arriva-t-il ? un noir limon Trouble bientôt l'onde enchaînée ;

Cette onde se tourne en poison. La tendre fleur à peine éclose Sur les bords penche tristement ; Adieu l'œillet, adieu la rose.

Flore s'éloigne en gémissant. Ce ruisseau, c'est l'amour volage ; Ces fleurs vous peignent les plaisirs Qu'il fait naître sur son passage.

Des regrets et des vains soupirs Ce limon perfide est l'image : Et pour le malheureux bassin, On assure que c'est l'hymen.

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