C'est ici que l'on voit deux choses bien cruelles,
Des maris ennuyeux et des femmes fidèles,
Car l'Amour, tu le sais, n'est pas luthérien.
C'est ici qu'alentour d'une vaste théière,
Près d'un large fromage et d'un grand pot à bière,
L'on digère, l'on fume et l'on ne pense à rien.
C'est ici que l'on a santé toujours fleurie,
Visage de chanoine, et pense rebondie.
C'est dans ces lieux enfin qu'on nous fait aujourd'hui
Avaler à longs traits le constance et l'ennui.
Tandis qu'entouré de plaisirs,
Toujours aimé, toujours aimable,
Tu sais partager tes loisirs
Entre les Muses et la table.
Adieu ; conserve tous ces goûts ;
Vole toujours de belle en belle,
Au Parnasse fait des jaloux,
A l'Amitié reste fidèle.
Puisses-tu dans soixante hivers
Cueillir les fleurs de la jeunesse,
Caresser encor la maîtresse,
Et la chanter en jolis vers !