Cupidon à la Ieunesse.
Les lis meslez de rose à coup se flestriront,
Et que se froncera ceste plaine du front
De rides seillonné, & que ta chevelure
Se blanchissant perdra du bel or la parure?
Et ce coral sanguin de tes levres blesmy,
Le change t'apprendra du temps ton ennemy?
Qu' auras tu qu' un regret de ton attente vaine,
Avec un desespoir qui nuit & jour te geine,
Te trouvant sans mary & sans quelque enfançon,
Des vieilles le soustien & fidelle estançon?
La jeunesse une-fois par le temps emmenée
Iamais on ne l'a veu chez aucun retournée.
Par Amour ta jeunesse en honneur fleurira,
Sans moy ceste beauté de tien te servira,