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1881

Sonnet d'Été

Germain NOUVEAU

Nous habiterons un discret boudoir, Toujours saturé d’une odeur divine, Ne laissant entrer, comme on le devine, Qu’un jour faible et doux ressemblant au soir.

Une blonde frêle en mignon peignoir Tirera des sons d’une mandoline, Et les blancs rideaux tout en mousseline Seront réfléchis par un grand miroir.

Quand nous aurons faim, pour toute cuisine Nous grignoterons des fruits de la Chine, Et nous ne boirons que dans du vermeil ; Pour nous endormir, ainsi que des chattes

Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ; Nous oublîrons tout, — même le soleil !

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