Skip to content
1922

[no title]

Germain NOUVEAU

Mon cœur stupide, étant bouché comme une gourde Où les vins de l’amour, des siècles, dormiront : Vous avez pris dans vos deux mains ma tête lourde Et vous m’avez baisé doucement sur le front.

Et j’ai senti, sous les délices d’un baptême Mystérieux, mes yeux orageux s’apaiser ; Le jardin s’éteignait, et sur le chrysanthème Ce rappel d’un oiseau sonna comme un baiser !

Vous m’aimâtes, ainsi qu’une Mère jalouse, Portant le baume pur à mon mal remuant ; Mais quand j’ai regardé vos yeux, j’ai vu l’Épouse Qui souriait, dans leur miroir insinuant.

Votre sein m’a bercé comme un héros indigne, Et depuis l’heure au ciel qui m’a fait vous aimant, Un Désir solitaire et pâle comme un cygne Sur un fleuve en moi nage avec enchantement.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Germain NOUVEAU · Poetry Cove