Prophète de Sion, que ta prière est bonne
Que l'Église a placée en la bouche des morts,
Qu'elle chante avec eux, tandis que leur glas sonne
Sur le funèbre drap qui recouvre leur corps !
Pourtant, ô saint pêcheur, dont le cri me console,
Ta lugubre vision sied, au goût des savants,
Moins aux morts du tombeau qu'aux défunts de la geôle,
A la vië des morts qu'à la mort des vivants.
En effet le défunt, qui prie au cimetière
Du fond de son tombeau, n'en est tant empêché
Que le mort à la grâce adressant sa prière
De l'abyme sans fond que creusa son péché.
Le premier ne sent pas que feux de Purgatoire,
Le second sent déjà le roussi de l'Enfer.
Ah ! Seigneur, si mon pleur n'a rien de méritoire,
Que celui de David m'arrache à Lucifer !