Ta langue a promis dans ta bouche,
Ainsi qu'un écho de ton cœur,
D'implorer la Foi plus farouche
Que le son vermeil d'une mouche
Sur le calice du vainqueur.
Ton corps a promis par ta bouche,
Sur les bases de l'oraison,
D'abriter la Foi plus farouche
Que Locuste, dont l'iris louche
Surveille le hideux poison.
Comme tes genoux et ta bouche,
Ta main droite a promis,dans l'air,
De défendre ta Foi farouche,
Comme la bande de Cartouche
Ou l'hyène au bord de la mer.
Ton âme a promis dans ta bouche,
Dans ta pensée et par écrit,
De nourrir ta Foi plus farouche
Qu'un fou louant Dieu sous la couche
De Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Ton cœur a promis dans ta bouche,
Par lui, par son fardeau léger,
D'aimer ta Foi sainte et farouche,
Telle une harpe d'or que touche
La main loyale d'un berger.
Ton âme a promis dans ta bouche,
Dans ton regard et dans ta voix,
De respecter ta Foi farouche,
Comme une vierge sur sa couche
Ou le rossignol dans les bois.
Oui, j'ai fait vœu, sous l'âpre bouche
Du fort de Bicêtre qui dort,
D'expirer sur ma Foi farouche,
Comme le registre et la souche,
Aux doigts des anges de la Mort.