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1922

LES YEUX

Germain NOUVEAU

Les veilleuses dont notre nuit est parfumée Sont des sœurs dont les longs regards sont des secrets Et les yeux de nacre et de perle des coffrets Nous pénètrent, et sur la basse cheminée,

Le miroir où ta beauté nue est confirmée Répète ces regards et ces yeux indiscrets, Qui troublants comme les feux pâles d’un marais, Hantent le cœur du doux poète et de l’Aimée.

O ces yeux, tous ces yeux, dans le calme aromal De l’amour, sont d’autant plus tendres qu’ils font mal Et notre âme connaît des terreurs, pourtant pures. Mais quand l’aube s’abat sur nos chastes volets,

La fenêtre a deux yeux bleus et vides, si laids Que nous tirons sur nous toutes les couvertures.

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LES YEUX · Germain NOUVEAU · Poetry Cove