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1881

Les Chercheurs

Germain NOUVEAU

Noirs alchimistes, verts sorciers, Aux gestes fous, Quand vous passiez, Que cherchiez-vous ?

Quand vous passiez indifférents Dans vos manteaux, Comme de grands Incognitos ;

Vous qui d’un œil d’ombre taché Fixez sans fin Un point caché ; Sans soif ni faim.

Par l'été, l’hiver, par les jours Et par les nuits, Portant vos lourds Et fiers ennuis ;

Par nos quais glacés ou fleuris, Glissant plus doux Que des esprits, Que cherchiez-vous ?

Quel rêve vous fait l’âme en deuil Et l’œil en feu, Anges d’orgueil Qui serez Dieu ?

Allez, quelque aurore est au fond, Vieux faiseurs d’or, Les cieux ne sont Fermés encor.

Creusez toujours, peuplez vos fronts De plis secrets ; Nous sourirons ! Eh bien ! après ?

Ayez des barbes de trente ans, Et des carriks Par tous les temps ; Ayez des tics ;

Que votre humble dos par les laids Brouillards roussi, Le soit par les Lunes aussi ;

Soyez les frileux nonpareils, Qui sont gourmands Des bons soleils ; Soyez charmants !

Vous de qui les yeux croient tenir Un astre éclos Dans l’avenir, Vieux rigolos !

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