Skip to content
1922

LE LIVRE

Germain NOUVEAU

De vous le dire je m’empresse… Oh ! la fâcheuse inversion ! D’ailleurs la seule qui paraisse Être échappée à ma paresse,

Au cours de cette édition. Je m’empresse de vous le dire, Allons ! voilà qui va bien mieux ! Je ne suis pas (faut-il l’écrire ?)

Un poète, je suis sans lyre. Je crois que cela saute aux yeux. Mais, vous m’avez dit, d’aventure, Un soir : « Je n’aime pas les vers. »

Or, nous revenions en voiture ; « Quoi ? pas même ceux de Voiture ? » Je vous regardai de travers. Je trouvai la chose hardie.

Nous traversions le carrefour, De l’Ancienne Comédie, « Moi, je les aime, "quoiqu’on die" Presqu’autant que faire l’amour. »

La rue était silencieuse. Pas un soupir d’accordéon, Et sous vos yeux de scabieuse Là-bas se dressait, soucieuse,

La façade de l’Odéon. Vous voyez, j’ai bonne mémoire. Eh ! bien ! ce mot d’après dîner, Si j’ai composé mon grimoire,

C’est de sa faute, et c’est histoire, Madame, de vous taquiner. Et je vous le jette… à la tête ? Ah ! fi ! Sur les bras ?… oh ! que non ?

Dans les jambes ?… Ce serait bête. Ou tu le verrais à la fête, C’est entre ton fauteuil et ton… Qu’on se le dise au Montparnasse,

Pays des vers estropiés, Et des madrigaux à la glace : Si je veux qu’il soit à sa place Je le glisserais sous vos pieds.

Toutefois, du fond de ton siège Reçois-le comme un compliment « À la française »… qu’on abrège Si l’on entend : « Est-ce qu’il neige ? »

Ou si l’on vous dit : « C’est charmant. »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE LIVRE · Germain NOUVEAU · Poetry Cove