Je vous dis un soir une chose Dont vous fûtes peut-être cause : J’ai découvert un nouveau Dieu. « Nous irons le prêcher ensemble »,
Me répondîtes-vous ; j’en tremble Car… vous vous avanciez un peu. Puisque, jusqu’à preuve apportée, Je ne veux être qu’un athée
Qui ne peux croire qu’en l’Amour, Quel Dieu, répondez-moi, quel diable De Dieu né mort ou né viable Avais-je bien pu mettre au jour ?
Mais… j’avais dit vrai… sans blasphème, Vous allez voir… cherchez vous-même… Vous ne trouvez pas ? non ? vraiment ! Je vais vous mettre sur la route :
C’est un Dieu bon… alors… nul doute Que ce ne soit un Dieu charmant ; Voyons !… le mot du… théorème, C’est ?… c’est ?… mais c’est Vous, Vous que j’aime,
Que j’aime avec âme, avec feu ; Mais c’est ton corps, mais c’est ton âme, Mais c’est Toi, ma petite femme, Toi, cet adoré petit Dieu ;
C’est ta raison et ton ivresse, C’est ton esprit et ta caresse ; Mais c’est Toi, c’est Toi, c’est Toi, Toi, Toi… ce n’est pas une autre femme,
Toi… mais… pardonnez-moi, Madame, J’ai l’air… d’un grand effronté, moi. Depuis qu’en Vous j’ai voulu vivre, L’amour de sagesse m’enivre,
De sagesse ?… tiens !… c’est curieux ! C’est la sagesse qui m’enflamme ! Mais, c’est assez causé, Madame, Maintenant, soyons sérieux !
Nous allons arpenter le globe, Dépêchons ! Mettez votre robe Et votre chapeau préféré… J’ai votre parole, il me semble ?
Nous allons vous prêcher ensemble, Vous-même Vous Vous prêcherez !
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