Skip to content
1922

LE BAISER I

Germain NOUVEAU

N’êtes-vous pas toute petite Dans votre vaste appartement, Où comme un oiseau qui palpite Voltige votre pied normand ?

N’est-elle pas toute mignonne, Blanche dans l’ombre où tu souris, Votre taille qui s’abandonne, Parisienne de Paris ?

N’est-il pas à Vous, pleine d’âme, Franc comme on doit l’être, à l’excès, Votre cœur d’adorable femme, Nu, comme votre corps français ?

Ne sont-ils pas, à Vous si fière, Les neiges sous la nuit qui dort Dans leur silence et leur lumière, Vos magnifiques seins du Nord ?

N’est-il pas doux, à Vous sans haine, Frémissante aux bruits de l’airain, Votre ventre d’Européenne, Oui votre ventre européen ;

N’est-elle pas semblable au Monde, Pareille au globe entouré d’air, Ta croupe terrestre aussi ronde Que la montagne et que la mer ?

N’est-il pas infini le râle De bonheur pur comme le sel, Dans ta matrice interastrale Sous ton baiser universel ?

Et par la foi qui me fait vivre Dans ton parfum et dans ton jour, N’entre-t-elle pas, mon âme ivre, En plein, au plein de ton amour ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE BAISER I · Germain NOUVEAU · Poetry Cove