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1881

L’Enfant pâle

Germain NOUVEAU

C’est la triste feuille morte Que le vent d’octobre emporte, C’est la lune, au front du jour, Que nulle étoile n’escorte,

Au soleil, c’est mon amour, L’enfant plus pâle que blanche : Beau fruit mourant sur la branche ! Mais quand la nuit est levée

Je vois la chère Éprouvée Qui n’en rayonne que mieux Dans sa pâleur ravivée. Et ce m’est délicieux

Comme l’aube de la lune Aux voyageurs de fortune ! C’est le plus doux des visages : La lampe des Vierges sages

Brûle avec cette douceur. Esprit des pélerinages, Voix de mère et cœur de sœur ! J ai donné ma vie à celle

dont la pâleur étincelle !

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