Skip to content
1872

Fin d’automne

Germain NOUVEAU

C’est le soir au jardin du Luxembourg ; les portes Vont se fermer ; le jour qui meurt à l’horizon Semble un dernier adieu de la douce saison ; Le pied foule un tapis mourant de feuilles mortes.

La nuit lente descend ; on entend s’apaiser Des passants attardés les pas et les murmures ; Les groupes, sur leur socle, au milieu des ramures, Pour conjurer le froid échangent un baiser.

Car voici que l’Hiver s’avance, triste et sombre ! Vous allez être seuls, ô pauvres marbres nus ! Les amoureux discrets, à vous tous bien connus, Ne viendront de longtemps s’abriter à votre ombre.

Un brouillard gris et fin s’estompe dans les airs ; Le mystère se fait dans les mornes allées Que hanteront bientôt les bises désolées ; Les moineaux sont partis et les bancs sont déserts.

Oh ! le triste retour des saisons enrhumées ! Déjà sur votre épaule un frisson vient courir ; Déjà le cœur se serre et, comme pour s’ouvrir, Aspire au chaud parfum des chambres bien fermées.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Fin d’automne · Germain NOUVEAU · Poetry Cove