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1922

CIELS

Germain NOUVEAU

Le Ciel a de jeunes pâturages Tendres, vers un palais triste et vermeil : Un Essaim d’Heures sauvages Guide Pasiphaé, petite fille du Soleil.

Des troupeaux silencieux du ciel, Un nuage, un doux taureau s’écume, Se détache, avec le souci réel Du Baiser qui l’arrose et la parfume.

Et ces neiges, fraîcheur et ferveur, Au ciel des étreintes fatales, S’unissent, ô Douleur ! Le taureau roule sur la prairie idéale.

La Passion plus doucement encore a lui. Sous le Baiser qui les parfume et les arrose, Ils s’absorbent au ciel qui les absorbe en lui. Reste seule la bave du Baiser, amère et rose.

Le Couchant a brûlé comme un palais. Et le ciel s’aveugle avec les cendres Qu’un Dieu noir chasse avec un balai. Vénus, diamant et feu, au jardin d’amour, va pendre.

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