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1871

UN CONCERT

Jacques NORMAND

AU loin le canon gronde à coups précipités. A ces grosses voix furieuses Se mêlent fréquemment, par le vent apportés, Les grincements des mitrailleuses.

On se bat à Paris, Français contre Français. Ici sur la place, par bandes, Les Prussiens, roses, gras, digèrent leur succès Et jouent des valses allemandes.

Le rhythme sautillant de ces airs favoris Qu'on chante là-bas, aux kermesses, Semble les flageolets accompagnant les cris De nos canons, les grosses caisses.

Oh ! l’affreuse douleur que mon âme ressent, Je n’essaierai pas de la dire : Pour pouvoir l’apaiser il me faudrait du sang, Et des larmes pour la décrire.

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