Skip to content
1871

SAINT-MAUR

Jacques NORMAND

La, c’était le bon temps : on espérait encore. Te souvient-il, ami, quand se levait l’aurore, Du réveil en sursaut, et du son argentin Du clairon, appelant au travail du matin ?

Comme la paille alors nous semblait chaude et molle ! Quel bon lit c’était là ! Je crois, sur ma parole, Que nous nous en plaignions en nous couchant le soir. Ingrats ! que ferait-on aujourd’hui pour l‘avoir !

Puis, nous étions encor des soldats de parade, Des enfants ; notre camp servait de promenade Aux futurs bataillons des Parisiens oisifs. Et Joinville ! Et la Marne aux détours fugitifs,

Aux flots capricieux où se miraient les branches ! Et les canots, glissant avec leurs voiles blanches ! Et le pont, dont l'écho répétait mille fois, Faiblissant par degrés, le murmure des voix !

Ou donc s’est-il enfui, ce temps si près sans doute, Et qui semble si loin ? Par quelle triste route, Par quels moments affreux avons-nous donc passé, Pour que le souvenir en soit presque effacé ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SAINT-MAUR · Jacques NORMAND · Poetry Cove