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1871

REFRAIN PRUSSIEN

Jacques NORMAND

HUIT heures ont sonné. Le major sort de table, Et je viens d’avaler mes derniers saucissons. Aux pièces ! Bombardons cette ville imprenable : Bombardons, bombardons !

Par ce froid glacial s’endormant à leur aise, Les Parisiens ont chaud dessous leurs édredons ; Réveillons-les avec nos bons boulets de seize : Bombardons, bombardons !

La nuit, les chats sont gris, comme l’on dit en France, Et tous les hôpitaux ne sont que des maisons ; On ne saurait vraiment faire de différence : Bombardons, bombardons !

Voilà bientôt cinq mois que je n’ai bu de bière ! Quand donc vous reverrai-je, ô grands champs de houblons , O bons jambons fumés, et choucroute légère ? Bombardons, bombardons !

Frantz, tu sais que Gretchen m’a dit dans une lettre Qu’il faut un bracelet pour orner ses bras ronds ? Je le lui donnerai, si Dieu veut le permettre… Bombardons, Bombardons !

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