Skip to content
1924

XLII

Anna NOAILLES

Le bonheur d’aimer est si fort, Étant seul la négation Du quotidien et de la mort, Que je n’ai, dans ma passion,

Dans cet amour que je ressens, Vraiment jamais rien désiré, Rien attendu, rien espéré, Que mon désir éblouissant !

Vent pur des nuits, suave abondance, moisson ! Flots d’air frais arrachés aux golfes des étoiles, Espace palpitant qui fais comme une voile Se gonfler dans mon cœur les rêves et les sons,

Pénétrez dans la chambre ennemie où repose Le trésor éclatant d’un beau corps soucieux, Et ramenez vers moi, plus parfait que la rose, Le bleuâtre parfum qui flotte sur ses yeux !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XLII · Anna NOAILLES · Poetry Cove