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1924

XIX

Anna NOAILLES

La pluie est cette nuit d’été En marche à travers le feuillage ; On perçoit son léger tapage Pointu, dansant et velouté.

— Mon cœur rêve avec fixité, Et déborde de ton image ! J’entends, sur mon balcon étroit, Tomber par groupe deux et trois

De ces belles larmes timides. — Ainsi rouleraient de mes yeux Des perles de cristal humide, Si soudain bon, silencieux,

Dissipant la vive tristesse Que me causent l’âme et le corps, Tu me livrais avec paresse (Car j’accepte tes maladresses,

Ô toi pour qui tout est effort !) Ce baiser par quoi je m’endors…

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