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1924

XIV

Anna NOAILLES

Jadis je me sentais unique, Je vivais sous mes propres lois. Aujourd’hui j’échange avec toi La vie orageuse et mystique.

Songe à ce transfert magnifique ! Par ce tendre appauvrissement Je n’ai plus rien qui soit vraiment Ma solitude et ma défense ;

Et même quand la nuit commence, Solitaire, avec le fardeau De ta vague et pesante absence, Le glissant enchevêtrementLe glissant enchevêtrement

Des sombres cheveux sur mon dos N’appartient plus à mon repos, Mais me rattache à toi. — Je pense À ta suave bienfaisance,

Quand tu jettes à demi-mot, À travers la grâce et l’offense, Sur mon cœur bandé de sanglots, Un chant moins long que mon écho…

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