Skip to content
1924

LXXIV

Anna NOAILLES

Peut-être jamais ne saurai-je Pourquoi tu te taisais ! L’été, L’azur, les nuits claires, la neige, Comme ton visage entêté,

N’ont rien pour les interpréter ! Ils brillent, parfument, rayonnent, Implacables, distraits, charmants, Sans rien répondre à nos tourments !

— Mais, hélas ! ce cœur de lionne, Ce cœur puissant, ce cœur adroit, Qui, pour ne pas troubler ton calme, Se suspendait au loin sur toi,

Plus léger que l’ombre des palmes, Que l’arome immense et sans poids, Faut-il vraiment qu’il se détruise, Et faut-il que nul ne te dise,

Pour ne pas déranger ta paix, Que c’est l’univers qu’il comblait !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LXXIV · Anna NOAILLES · Poetry Cove