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1924

LXXII

Anna NOAILLES

À présent que j’ai bien connu Ton visage calme et suave, Et, dans leur repos triste et brave, L’allongement de tes doigts nus,

Comment voudrais-tu qu’autre chose Ne provoquât pas mon dédain ? Comment aimer encor la rose Vaine et fringante des jardins ?

Comment goûter avec folie, Comme je faisais autrefois, Les grandes feuilles amollies Qui forment le dôme des bois ?

Comment vanter l’azur ? Ah ! puis-je Chanter encor les vastes cieux, Moi qui chancelle du vertige De voir, dans le bleu de tes yeux,

Le profond espace ! Ô prunelles Anxieuses, au fond desquelles Tournoie une noire hirondelle…

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