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1924

CXXXVIII

Anna NOAILLES

J’ai perdu l’univers puisque tu me suffis, Je vois qu’il appartient aux autres ; quelquefois Je songe à la grandeur que l’espace eut en moi, Mais j’ai quitté l’azur à cause que tu vis.

Je regarde et j’entends les secrets mouvements De l’infini, des sons, des parfums, des couleurs ; Mais l’air, l’arbre, les monts ne sont qu’un vêtement Que j’écarte des doigts comme une humble vapeur,

Pour que tu restes seul parmi les éléments À vivre dans la vie ainsi que dans mon cœur…

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CXXXVIII · Anna NOAILLES · Poetry Cove