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1924

CXLIV

Anna NOAILLES

Je ne veux pas souffrir du doute, Ni que tu m’épargnes, ni même Que, concevant combien je t’aime, Tu m’accompagnes sur ma route.

Quels efforts pourraient comprimer Ton ennui, ton désir, tes vœux ? Si quelqu’un te plaît, va l’aimer ! Aborde ces yeux, ces cheveux,

Dévaste ce nouveau visage, Goûte ce cœur riant ou sage, Cours vers ton allègre espérance ! Tu connaîtras la différence

De la feinte et de la paresse D’avec mon incessante ivresse ! — Un jour j’aurai ta préférence. Il n’est pour moi d’autre rivale

Qu’une ardeur à la mienne égale ! Qu’importe à mon cœur qui t’imprègne De sa tendre et secrète rage Qu’une femme que je dédaigne

Puisse te plaire davantage !

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