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1924

CXLII

Anna NOAILLES

Je ne reconnais pas ta personne présente Tant mon rêve dut en souffrir ; Ton visage est soudain, sous mes yeux qu’il enchante, Étrange et long à parcourir ;

L’être que l’on contemple et celui qu’on médite N’ont pas de semblables pouvoirs ; L’éloignement restreint, estompe, efface, hésite. — Il est douloureux de te voir !

Je ne puis ignorer, naïf porteur de grâces, Les fines flèches sans détour Qui, d’un trajet brillant, viennent frapper toujours Mon esprit à la même place !

Je te regarde, et c’est par ton précis éclat Que je sens la faible puissance De ne te résumer que quand tu n’es plus là, Et de ne posséder vraiment que ton absence !

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