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1924

CXLI

Anna NOAILLES

Je me taisais, j’avais fait vœu De ne te jamais reprocher Ton esprit net, sobre, empêché De tout élan, de tout aveu ;

Mais ce soir où le ciel d’automne Effeuille un soleil languissant, Laisse que ma voix s’abandonne À trahir les secrets du sang :

— Entends-tu, cher cœur sans tendresse, Chère âme insensible et têtue, En ce jour où je te confesse Ma native et fière tristesse,

Combien de fois je me suis tue ?

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