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1924

CXI

Anna NOAILLES

Je ne veux pas ta vérité, Ta franchise, tes confidences ; L’enchantement de t’écouter Est combattu par ma prudence ;

Car, si je connaissais vraiment Le charme profond qui t’isole, Je saurais les jours où tu mens, J’épierais le son des paroles,

J’aurais cet exigeant instinct De te vouloir exact et probe, Je t’aimerais sans ce dédain Dont ma défiance s’enrobe,

Je saurais ton signe sacré, Et qu’il est juste que je t’aime, Tandis que ton cœur ignoré Ne relève que de moi-même ;

Je ne veux pas, ô toi qui passes, M’attacher à tes purs loisirs, Ni te situer dans l’espace Autrement que par mon désir !

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