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1924

CLXVIII

Anna NOAILLES

Je ne voudrais qu’un changement En ton être qui me fait peur ; Mes délices et mon tourment Ne me viennent pas de ton cœur,

Ni de ton esprit qui m’est cher, Mais qu’il m’est aisé d’oublier… Hélas ! mon désir est lié À quelque beauté de ta chair !

Je retrouverais le repos Si ton visage était terni ; Il n’est plus d’âme ou de propos Qui m’enseigneraient l’infini ;

Mais je constate ton regard Comme un implacable accident. — Ce sont tes lèvres sur tes dents Qui rendent mon destin hagard…

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