Skip to content
1913

CLOCHES VÉNITIENNES

Anna NOAILLES

La pauvreté, la faim, le fardeau du soleil, Le meurtrissant travail de cette enfant vieillie, Qui respire, tressant l'osier jaune et vermeil, L'odeur du basilic et de l'huile bouillie,

Les fétides langueurs des somnolents canaux, La maison délabrée où pend une lessive, Les fièvres et la soif, je les choisis plutôt Que de ne pas tenir votre main chaude et vive

A l'heure où, s'exhalant comme un ardent soupir, Les cloches de Venise épandent dans l'espace Ce cri voluptueux d'alarme et de désir : «Jouir, jouir du temps qui passe !»

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.