Skip to content
1924

CIX

Anna NOAILLES

Oui, la douceur est toujours feinte En amour. — Croirais-tu vraiment Que ce brillant contentement Ne masquât pas d’amères plaintes ?

Certes tout mon être bénit Ta vie où j’ai mis l’infini, Mais, corps charmant, ô cœur de roche, Toi que j’aime ! un constant reproche

Émane de mes yeux séduits. Quoi ! toujours t’admirer, et puis Toujours, en silence, surprendre Tes défauts, — et, d’un cœur plus tendre,

Mêlé de louanges, de pleurs, Te voiler mon humble colère ? Ah ! réclamais-je ces douleurs ? — Et de quel droit viens-tu me plaire ?…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CIX · Anna NOAILLES · Poetry Cove