Skip to content
1924

CI

Anna NOAILLES

Dans les instants où je dors, Jetée au fond des ténèbres, Je ressens la paix funèbre D’être une morte, et toi mort.

Mais, hélas ! ô ma merveille, Toi si débordant, si beau, Comme brisant un tombeau Tu revis quand je m’éveille !

Tout mon être en est blessé, Et, baissant mon front hagard, Je médite ton regard Je recommence à penser…

— Au fond des bagnes, sans doute, Le pauvre forçat écoute, Sous le soleil dont il meurt, Une sournoise rumeur…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CI · Anna NOAILLES · Poetry Cove