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1854

Le Christ aux Oliviers III

Gérard NERVAL

Immobile Destin, muette sentinelle, Froide Nécessité !… Hasard qui t'avançant Parmi les mondes morts sous la neige éternelle, Refroidis, par degrés, l'univers pâlissant,

Sais-tu ce que tu fais, puissance originelle, De tes soleils éteints, l'un l'autre se froissant… Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle, Entre un monde qui meurt et l'autre renaissant ?…

O mon père ! est-ce toi que je sens en moi-même ? As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ? Aurais-tu succombé sous un dernier effort De cet ange des nuits que frappa l'anathème…

Car je me sens tout seul à pleurer et souffrir, Hélas ! et si je meurs, c'est que tout va mourir ! »

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