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1854

Le Christ aux Oliviers II

Gérard NERVAL

Il reprit : « Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ; Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés, Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes, Répand des sables d'or et des flots argentés :

Partout le sol désert côtoyé par des ondes, Des tourbillons confus d'océans agités… Un souffle vague émeut les sphères vagabondes, Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

En cherchant l'œil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ; Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,

Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre, Spirale engloutissant les Mondes et les Jours !

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