Que ce jour soit nommé le jour de ma naissance !
J'ai poursuivi longtemps une aride science…
J'ai tenté vainement d'en atteindre les fruits,
Triste, inutile à tous, et d'une main qui tremble
Frappant mon pâle front dans le calme des nuits.
Mais je la foule aux pieds. Maintenant, il me semble
Que le fleuve engourdi par le froid des hivers,
Où seul je naviguais sous un ciel sans étoiles
Au pur souffle des vents qui font enfler mes voiles,
S'élargit et me lance au sein mouvant des mers !
Salut, rocs du Weiland ! Bois profond, où l'aurore
Comme la veille au soir me retrouvait encore
Sous l'arbre aux verts rameaux où seul je méditais !
Je ne viens plus gémir à l'ombre des forêts.
Adieu, les vains regrets d'un enfant sans courage !
Agite autour de moi ton éternel feuillage !
Qu'aux rayons du soleil soit réchauffé mon front
Baigné de ta rosée !… Et ceux qui me verront
Ainsi, foulant aux pieds ma jeunesse endormie,
Renaître et replonger aux sources de la vie,
Rocs déserts du Weiland, sauront que c'est l'amour
Qui, me frappant au cœur, a tout fait en un jour !