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1857

V

Alfred de Musset

Toi qui me l’as appris, tu ne t’en souviens plus De tout ce que mon cœur renfermait de tendresse, Quand, dans la nuit profonde, ô ma belle maîtresse, Je venais en pleurant tomber dans tes bras nus !

La mémoire en est morte, un jour te l’a ravie Et cet amour si doux, qui faisait sur la vie Glisser dans un baiser nos deux cœurs confondus, Toi qui me l’as appris, tu ne t’en souviens plus !

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