Skip to content
1852

TRISTESSE

Alfred de Musset

J'ai perdu, ma force et ma vie, Et mes amis, et ma gaîté ; J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la vérité, J'ai cru que c'était une amie. Quand je l'ai comprise et sentie, J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés d'elle Ici-bas ont tout ignoré. Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.

Le seul bien qui me reste au monde Est d'avoir quelquefois pleuré.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
TRISTESSE · Alfred de Musset · Poetry Cove