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1852

STANCES DE M. CHARLES NODIER

Alfred de Musset

J'ai lu la vive Odyssée Cadencée, J'ai lu tes sonnets aussi, Dieu merci !

Pour loi seul l'aimable Muse Qui t'amuse, Réserve encor des chansons Aux doux sons.

Par le faux goût exilée El. voilée, Elle va dans ton réduit Chaque nuit.

Là, penchée à ton oreille. Qui s'éveille, Elle te berce aux concerts Des beaux vers.

Elle sait les harmonies Des Génies, Et les contes favoris Des Péris,

Les jeux, les danses légères Des bergères, El les récits gracieux Des aïeux.

Puis, elle se trouve heureuse, L'amoureuse, De prolonger son séjour Jusqu'au jour.

Quand, du haut d'un char d'opale, L'Aube pâle Chasse les chœurs clandestins Des lutins,

Si l'Aurore mal apprise L'a surprise, Peureuse, elle part sans bruit, Et s'enfuit,

En exhalant dans l'espace Qui s'efface, Le soupir mélodieux Des adieux.

Fuis, fuis le pays morose De la prose, Ses journaux et ses romans Assommants.

Fuis l'altière période A la mode, Et l'ennui des sots discours Longs ou courts.

Fuis les grammes et les mètres De nos maîtres, Jurés-experts en argot Visigoth.

Fuis la loi des pédagogues Froids et rogues, Qui soumettraient tes appas Au compas.

Mais reviens à la vesprée, Peu parée, Bercer encor ton ami Endormi.

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